• Croissance ou décroissance, telle est la question

    2008-04-25

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    Boycottons de Botton!

    Il est bien évident que tout le monde ne peut exercer un job passionnant, enthousiasmant, motivant, ET rémunérateur! Chaque mois, lorsque je vais chercher mon salaire à la comptabilité du campus de Hongkou et que je vois ces jeunes et moins jeunes femmes toujours occupées au même jeu de cartes solitaire sur leur écran plat, attendant mollement la fin de la journée, puis de la semaine, du mois, de l'année, et enfin de leur vie, j'ai la confirmation qu'il est possible de vivre entre parenthèses, renonçant à tout ce qui fait l'intérêt de la vie un certain laps de temps pour pouvoir consommer davantage le reste du temps – appartement, voiture, vêtements, etc.. Personnellement, j'ai fait le choix inverse… Du moins, ma nature fondamentale m'a conduit à choisir l'oppressante liberté! Il est seulement question de renoncer à la voiture, au grand(s) appartement(s), aux objets de luxe, aux voyages somptueux, et autres nécessités post modernes… Dans le concert des opportunités, pour peu que l'on soit ouvert, diverses propositions nous sont offertes. Nous nous déterminons, donc en langage égotique, nous choisissons, en fonction de notre expérience de vie qui inclut toutes les influences que nous recevons pour le meilleur et pour le pire. Donner un tiers de sa vie afin d'exister en tant que consommateur dans le second (le troisième étant réservé au sommeil et aux contingences) OU préférer un quotidien qui ait un sens en renonçant à l'hyper consommation qui va finir par nous tuer, tous, de diverses façons. Le résultat de ce choix relève de la tragi-comédie… Je travaille deux fois plus et consomme deux fois moins! Évidemment, sur la base de la pensée unique planétaire (Chine incluse, si, si!) entièrement vouée à l'économie libérale de la société de consommation, je suis fou! Cette folie est certifiée par un soi-disant refus des valeurs morales, à savoir 'le sens des responsabilités' dont on ne se demande même plus ce qui se cache derrière cette formule toute faite…

    "Le seul devoir d'un homme, c'est d'être heureux." Diderot

    "Mes jeunes gens ne travailleront jamais. Les hommes qui travaillent ne peuvent rêver et la sagesse nous vient des rêves." Smohalla, fondateur de la religion des rêveurs

    "Les hommes veulent être esclaves quelque part et puiser là de quoi dominer ailleurs."

    La Bruyère

    A partir de telles citations, on sera fondé à se demander sur quelle planète je vis et àç quelle époque! Toutes questions seront la démonstration que les seules valeurs actuelles sont celles de la société de consommation. Dans un pays émergeant à la fameuse croissance à deux chiffres, si je prône la décroissance en tant que dernière chance de sauver notre âme, conscience, vie et planète, bien sûr, je suis un hérétique. L'idée n'est pourtant pas de retourner dans les bois, vêtus de peaux de bêtes et vivant de la cueillette, mais plutôt de commencer par redistribuer les richesses existantes. Les réserves chinoises stockés aux USA suffiraient amplement à donner l'eau et l'électricité à tous les foyers chinois jusqu'au fin fond du Gansu! Les grands groupes, les banques et les places boursières, se portent bien, merci pour eux, tandis que des miséreux se crèvent au boulot pour simplement survivre. Eux n'ont pas le choix… Nous, nous l'avons! Continuer la course folle, tête baissée droit dans le mur, pour bien remplir son caddie à Carrefour OU reconsidérer l'ensemble des valeurs comme le proposait déjà Nietzsche.

    Mardi, nous verrons en cours un documentaire américain sur l'état de la planète, The 11th hour. Vous verrez à cette occasion que ce n'est pas Carrefour qu'il faut boycotter mais tout ce système auquel nous participons et qui est en train d'anéantir la planète. Vous pourrez ensuite exercer votre sens des responsabilités et votre libre-arbitre sur ce blog en disant comment vous envisager l'avenir, votre engagement dans votre propre vie et donc celle du monde.

     

    Ci-dessous, un extrait des Guignols de l'info qui devrait vous faire plaisir…


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    评论

  • "Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez pas à travailler un seul jour de votre vie." Confucius
    - Le travail, c'est le travail. Pour la plupart du monde, le travail détruit souvent le goût. Ce qui est pire, c'est qu'en réalité, il existe toujours des choses non jouissantes dans le travail dès le début.
    Moi je partage cet avis: pour entreprendre ce qui nous plaît, il faut toujours accepter de faire ce qui nous déplaît.

    "La décadence d'une société commence quand l'homme se demande 'Que va-t-il arriver?' au lieu de se demander 'Que puis-je faire?' " Denis de Rougemont
    - Comment faire si l'on rencontre malheureusement la décadence de société? C'est sûr que le suicide n'est pas une solution, et nous devons continuer la vie...
  • "Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez pas à travailler un seul jour de votre vie." Confucius
    "La décadence d'une société commence quand l'homme se demande 'Que va-t-il arriver?' au lieu de se demander 'Que puis-je faire?' " Denis de Rougemont
  • Le travail, les études, même le sujet sur lequel nous discutons, la philo que nous "travaillons"...peu importe la différence qu'existe entre eux, tout cela sont voués à une vie meilleure, à réaliser la fameuse quête du bonheur. Le bonheur est donc le but, qui exige de "sacrifier" pour montrer qu'on le mérite. Le travail ou bien l'argent est en ce sens le moyen en témoignant nos efforts. Mais à quel point suffit-il de "sacrifier" au travail? Problème de dosage...
  • Depuis longtemps, le travail est devenu un simple moyen de satisfaire les besoins de l'homme, au lieu d'être lui-même un besoin interne. Maintenant, c'est la vocation qui peut réaliser cette intériorisation. Il faut affranchir le fossé entre le travail et la vocation qui a été creusé d'autrefois par quelque enchantement fataliste. Si le travail aliéné a avalé l'homme comme un objet dans une relation unifiée, cet affranchissement conduira à une autre unité, peut-être une vraie unité où l'homme prend sa place du sujet. Et cette place sera marquée par la créativité et le dynmisme de l'homme qui constitue à mon avis, le sens propre du mot travail.
  • C'est un sujet très intéressant!

    Peut-être on peut l'expliquer par la fameuse pyramide des besoins de Maslow...
  • Vivre pour travailler ou travailler pour vivre? Et s'il existait une troisième voie, une voie du milieu...:) Une fusion des deux termes qui fasse que l'on ne se pose même plus la question. Cesare Pavese a intitulé son journal, 'Le métier de vivre'. La segmentation de la vie semble à la fois une nécessaire préservation de l'intime et une regrettable réduction de l'investissement personnel. In fine, le recours semble être la vocation... Si l'on se sent capable de se vouer à quelque chose, la question du bonheur par le travail ne se pose plus, pas davantage que la préservation de l'intime. Peut-on créer sa propre vocation? La découvrir par accident? Toujours la question du déterminisme qui piège la réponse... Il me semble cependant qu'en l'absence du sens dont parle Victor, à terme, un travail strictement alimentaire conduit à la dépression. Et si l'on découvre ou conquiert un sens à notre travail, le bonheur sera aussi présent/absent qu'il l'est dans notre vie toute entière assujettie à d'autres paramètres. Pour que le travail génère un bonheur englobant les autres paramètres, il faut qu'il disparaisse de la conscience en tant que labeur...
  • Pour réfléchir: on dit souvent qu'il faut chercher du plaisir dans le travail pour enfin l'aimer, même si il paraît ennuyeux et qu'on ne s'y intéresse point au début. Quelle est sa différence avec la version de Bottienne. Quelle proposition est plus "dangereuse"?
  • A l’instar de Derrida, on essaie de déconstruire l’hiérarchie de la notion « travail ». Selon Karl Max, le labour marque la plus grande différence entre l’animal et l’homme. Si l’homme, au lieu d’être poussé par l’instinct à chercher de quoi manger comme les autres animaux, sait faire la culture pour produire régulièrement les nourritures, il a découvert non seulement un moyen de vivre, mais aussi un règle de la nature dont il peut ainsi profiter. Donc au fond, le travail se caractérise avant tout de l’activité créatrice humaine, qui doit s’intérioriser dans les besoins fondamentaux de l’homme. Mais comme le changement du sens du mot « rhétorique », à la nature du mot « travail » se substitue l’opposition fameuse entre le travail et le loisir, ou plus profondément, entre l’obligation et la liberté, entre l’environement et le Moi. C’est une sorte de l’aliénation qui s’aggrave le long du développement humain. Car privé de la créativité, le travail est peu à peu réduit à un simple moyen de satifaction, une satisfaction très superficielle et toujours plus temporelle. Accepter ou non cette hiérarchie du travail/loisir décidera notre point de vue sur le travail, et c’est aussi reposant sur cette hiérarchie que de Botton a proposé de ne pas attendre beaucoup du travail pour être heureux. Mais comme on est déjà revenu aux sources du travail, c’est-à-dire l’activité créatrice du travail, on aperçoit que, non seulement on doit attendre quelque chose du travail, mais il sera plus important de lui (re)donner un sens propre. Peut-être que un tel renversement libéra à la fois le travail de l’aliénation et l’homme du travail aliéné.